Monique Morelli

                           Pierre Seghers

 
 



                          Ce que pensent la presse...

LA VOIX DU NORD



Le temps fort du spectacle fut le récital de Roger Lahaye.

Au piano, ce grand artiste, dont le talent devrait lui apporter une autre célébrité, mit en valeur les textes d’Arlette Chaumorcel.

De sa belle voix grave et limpide, avec une diction parfaite, Roger Lahaye a chanté l’espoir et la liberté.

Son tour de chant fut l’association harmonieuse d’humour, de poésie, et de finesse.

                                                 

                                                Dominique ARNAUD



Son interprétation sait être constamment sensible, intelligente et naturelle. Et aussi diverse que l’inspiration de sa fidèle parolière.

Pendant une heure trente, Roger Lahaye sut captiver son auditoire, le laissant chanter, le faisant sourire, avec des poèmes subtils, pour ensuite le rendre sensible devant certaines réalités actuelles.

Si Roger Lahaye fut tant applaudi, c’est aussi grâce à son talent de musicien de grande classe. En effet, en plus de sa voix tendre et chaude, il sut donner une brillante démonstration d’accompagnement au piano.




Poésie encore, avec Roger Lahaye, dont la voix chaude et le talent de pianiste extrait la quintessence des textes d’Arlette Chaumorcel. Merveilleux chanteur, rempli d’amour et d’amitié, de paix et de nature familière, de sérieux et de fraîche légèreté, d’humour et de cinglants constats.



LE DAUPHINÉ


Comme une onde


Sur les planches, sa sincérité, l’honnêteté de sa démarche, celle de la chanson vraie qui vous parle le langage de ceux qui aiment, est allée tout droit à la rencontre du public, samedi soir au Parc des expositions. Touché le public.

Laissez-vous porté par ce langage qui vous dit l’amitié des fontaines: car il coule, ce langage et il vous surprendra quand, sans transitions, vous vous retrouverez à le fredonner.

                          

                                                               Michel BELLATON



LE JOUR


Roger Lahaye se distingue essentiellement par la propreté des harmonies et la pudeur des textes, signés Arlette Chaumorcel.

S’accompagnant lui même au piano il évite subtilement l’artifice en créant le climat d’intimité dans lequel chacun se sent immédiatement à l’aise. Il convainc beaucoup et très bien.

Roger Lahaye, avant tout invite à l’amitié et à la réflexion. Son style et son tempérament se remarquent très vite et touchent le fond des cœurs. Antipode parfait des bêtes hurlantes, il semble paradoxalement inquiet et heureux à la fois. Par ses textes, il s’engage, bien sûr, mais rigoureusement pas dans un sens politique. Il préfère sans doute un langage plus naîf et plus tendre pour conter des choses vraies.



Extraits d’un article écrit par Jean Paul Mestas (poète et fondateur de la revue de poésie Jalons)



                                       

                                                   « Roger Lahaye ou la Musique faite Poésie »



    Roger Lahaye, compositeur, instrumentiste, chanteur, homme de pélerinages dans les reliefs où l’existence affiche ses sensibilités, ses morsures et ses rêves.


    De fait, ensoleillé au contact des racines de l’humain, l’artiste va au devant des autres avec la sincérité qui désigne les êtres doués pour les navigations lointaines d’où surgissent les lumières d’une apothéose à marier les âmes. L’influence du pays des Weppes, fort de sa robuste capacité de résistance aux assauts de l’égoïsme et de l’exclusion, détermine sans doute son comportement dont la pudeur pourrait être une arme inattendue contre certains débordements de notre époque.


   « La musique, dit-il, est déjà dans les mots, c’est pourquoi la poésie lui convient. Il lui suffit de l’accompagner, de contribuer à libérer son message. Au fond, l’expérience est indéfinissable, elle est comme un cri d’oiseau...»


   Voilà probablement la plus saine et la plus simple des illustrations pour ajuster le portait du trouvère, qui, dès la sixième année, s’exerçait aux sortilèges de la flûte à bec, que le conservatoire de Lille (piano et clarinette) n’avait pas convaincu de ses mérites; et qui s’était assigné de détourner les interdits, en harmonie et en contrepoint, afin d’exorciser les démons du conformisme.


   Cette esquisse aide à comprendre la géologie d’un univers dans les faubourgs duquel rôdent les compagnons choisis du Moyen-âge, ceux-là mêmes que le Musicien range parmi ses pairs: poètes de Sang et non poètes de Cour. Il est alors facile de deviner quels éblouis suivent ou jalonnent sa route et quels savantasses s’en écartent. Ainsi , on se sent heureux à l’idée qu’il puisse, avec autant de franchise et de pénétration, imprimer la couleur de ses notes dans la farandole des mots regradés, c’est à dire rendus à la grâce de leur état.


En parcourant les grandes allées de ses prédilections, rien d’étonnant à ce que Roger Lahaye nourrisse le sentiment de lire un personnage proche de sa litanie à travers les lieds de Schubert, et que les houles du chant grégorien caressent les plages de sa Romance. Rien d’étonnant non plus à ce qu’il lève les pépites d’une émotion presque confidentielle entre les quartz de Prokofiev et les schistes de Bartok, cependant que la longue et terrible plainte d’Auschwitz, sous la rumeur pétrifiée de Penderecki, lui remonte aux sources du cœur.


    Et rien d’étrange ne s’ajoute au trajet quant il adopte le porche d’un sourire pour décliner ses accointances avec le jazz, qu’il s’agisse du Dixiland, dominé par le rhumb tantôt sourd- tantôt volubile du piano, ou du New-Orléans dont la clarinette promène les nostalgies et les emporte hors du temps. Ici et là, bien sûr, passent quelques ombres amies, Charlie Parker - «The bird»-, Guy Lafitte, Duke Ellington, Lionel Hampton, tant d’autres...

       Tandis que la musique et le musicien donnent la parole au chanteur.


      Il n’est pas facile d’accéder à l’originalité, convenons-en, pour installer le chanteur dans son métier.

Les formules abondent et se répètent; elles sont obsolètes ou insignifiantes.

      Avec Roger Lahaye, d’autant plus, la difficulté campe sur un nuage parce que la voix de l’interprète est, elle aussi, une sorte de passeport pour un nuage d’où l’on découvre un espace à la disposition des hommes de bonne volonté. Adonc, sur les versants de ce territoire imprenable, s’encemencent , se compénètrent, jaillissent ensemble- fontaines- les pigments de la mélodie et les tissus du langage, fête des sens et de l’esprit dans un moment unique épargné par l’oubli vorace.


      À cet endroit, il est certainement convenable de suggérer qu’il se manifeste une manière de concordance à la fois viscérale et culturelle entre la passion lyrique du lillois et le Fado somptueux de Joaquim Pessoa. La rencontre de deux mondes occupe entier ce carrefour au centre de qui Roger Lahaye ou la Musique faite Poésie compose sa légende.