Paroles de «l’Automne de mai» chanson extraite du dernier album l’ Horizon

Texte d’ Alain Lemoigne, musique de Roger Lahaye.

Deux autres titres du CD « Plus personne devant » et «le dernier voyage» en diaporama (cliquez sur le titre)



Une chanson extraite du CD   Le temps des oubliés ,  intitulée  « Balade grise »

Paroles: Alain Lemoigne, musique: Roger Lahaye



        Une chanson extraite de l’album « Ecoute, le temps passe...»  intitulée « Petit Jules », 

        Paroles : Arlette Chaumorcel, musique: Roger Lahaye

      


As-tu vu petit Jules                         As-tu vu petit Jules

En douceur dessus la dune            En douceur dessus la dune

As-tu vu la campanule                    As-tu vu la libellule

Suivre trois rayons de lune ?          Saisir trois rayons de lune ?

Babillage baby bulle                        Babillage baby bulle

Trois rais d’or                                  Trois rais d’or

Pour butiner                                     Pour jardiner

Entre la plage et le port ( bis)          Le ciel du dedans dehors (bis)


                                As-tu vu petit Jules

                              En douceur dessus la dune

                              As-tu vu le funambule

                              Sauver trois rayons de lune ?

                              Babillage baby bulle

                              Trois rais d’or

                              Pour chagriner

                              La nuit la neige et la mort ( bis)

                        

Une seconde chanson extraite du même album,  « Écoute, le temps passe...»

avec un texte d’Armand Olivennes et une musique de Roger Lahaye:  «Pour une cousine déportée»

La noire Madeleine a les yeux droits sur nous et de son ciel de fou nous parle comme une reine,nous parle de sa vie qui fut une agonie, courte paille et soleil sur une courte vie.


La noire Madeleine a pris pour son logis de nouveaux paysages et ses anciens amis.

La pluie mouille la plaine où elle est cendre et suie.

Que rien ne parle d’elle, écoutez donc l’oubli.


Ô noire Madeleine, la démarche des poux, la honteuse verdure et la mort parmi nous; les gestes forcenés, le peuple de tes feuilles ; ton frère abandonné; un bordel de cercueils.


La noire Madeleine éteinte au petit jour, étoile abandonnée ; guérite pour soldats sur chemin de retour ; ventre aux chiens qui crevèrent aux taupes débusquées;  ventre au pardon nié, œil de morte en amour.


La noire Madeleine sœur sacrée pour troupiers ; pour un sang pour un rite en cendre désarmée; pour un rêve un festin un jardin de sauvages  ; un merveilleux passage d’amour et de santé. Tu nous viens sans raison et ne veux raconter ce qu’on t’a fait sur terre avant de te tuer.


Ô noire Madeleine repens-toi de tes nuits. La plaine Silésienne te reproche ta vie ; tes racines de ronce, ton passage essouflé, les soldats de géhenne qui t’ont enracinée.


                                                                    Adam et Adam , Armand Olivennes

                                                                                           Verlag im wald 1995

                                                                                           

Une chanson extraite de l’ album Jardins intitulée « Sur le blé, dans le vent »

Paroles: Arlette Chaumorcel, musique: Roger Lahaye

Je marche sur le blé                    Je marche sur les villes

Je marche dans le vent               J’épouse tes chimères

Un enfant a volé                          Je ne me vis tranquille

Tous les fruits du levant.              Que là où je t’espère.


Je marche à la passion               Je marche par tes nuits

J’irai où tu seras                          Je tourne dans tes gestes

Mes pas te porteront                   Tu prends ce que je suis

Là où tu m’aimeras.                     Nos regards font le reste


Qui tenterait d’ouvrir                    Qui pourrait donc passer

Une brêche en mes doigts          Entre ton corps et moi

Qui viendrait avilir                        Et me laisser glacé

Ce chant que je te dois ?             À en mourrir d’effroi !


Je marche sur le blé                   Je marche en la lumière

Je marche en te disant               Je passe au ciel des monts

Mon amour va combler               Je franchis des rivières

Les ravins en passant.                Qui portent tes prénoms.


Je marche sur la mer                  Je marche sur les feuilles

Je marche dans le feu                Je marche au cœur de toi

Je te viens bras ouvert                Et plus je te recueille

Je veux ce que tu veux               Et plus je deviens moi.


Qui voudrait effacer                      Je marche sur le blé

ces mots qui me poursuivent        Je demeure en printemps

Et qui vont s’enlacer                      Et  j’ai à te parler

Là où tu me dérives !                    Traverser notre temps.

Une chanson extraite du CD « Écoute, le temps passe...» intitulée « Place Bretagne » - Poème de René Guy Cadou extrait de Poésie, la vie entière , éditions Pierre Seghers , musique: Roger Lahaye   (en hommage au poète Max Jacob)

Une chanson extraite de l’ album Rien que cela  intitulée « L’ Église »

Texte ( extraits): Victor Hugo, musique: Roger Lahaye



J’arrivai tout près d’une église,                       Un escalier de fleurs ouvertes,

De la verte église au bon Dieu                       Tordu dans le style saxon,

Où qui voyage sans valise                              Copiait ses spirales vertes      

Écoute chanter l’oiseau bleu.                          Sur le dos d’un colimaçon.


C’était l’église en fleurs, bâtie                         Un cytise en pleine révolte,

Sans pierre, au fond du bois mouvant,           Troublant l’ordre, étouffant l’écho,

Par l’aubépine et par l’ortie                             Encombrait toute l’archivolte,

Avec des feuilles et du vent.                           D’un grand falbala rococo


Le porche était fait de deux branches,            En regardant par la croisée,

D’une brousaille et d’un buisson;                    Ô joie ! On sentait là quelqu’un.

La voussure, toute en pervenches,                 L’eau bénite était en rosée,

était signée: Avril, maçon.                               Et l’encens était en parfum.


Au centre, où la mousse s’amasse,                Toute la nef, d’aube baignée,

L’autel, un caillou, rayonnait,                           Palpitait d’extase et d’émoi.

Lamé d’argent par la limace,                           - Ami, me dit une araignée,

Et brodé d’or par le genêt.                               La grande rosace est de moi.



                                       Poème extrait du recueil Les chansons des rues et des bois ( 1865)



et trois chansons d’un album CD pour enfants ( pour les petits et  les grands !) intitulé « Le buisson d’Annelise» à écouter sur « You tube »: « Madame la tour », « Comptine pour l’écureuil » et « La chatte de Cardiff »



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Ô visage hivernal où se nouait l’aventure

Où te retrouverai-je ailleurs que dans ces murs

Ailleurs qu’entre cet air et cette saison close

Et sur ma douce épaule achevant ton murmure

                                                                                                                                        

Tu  ne jailliras plus au tournant de la lampe

Au bord des vagues d’or qui bercent le plafond

Les lampes sont fanées la douleur suit la rampe

Et ton regard se perd dans les yeux trop profonds

 

Est-ce toi qui revient et défroisses la porte

Ô vrilles de mon sang fleurissez l’escalier

Mais la fée qui chantait dans la serrure est morte

Rien ne remplira plus mes paumes delabrées


Où es-tu maintenant à quel anneau d’auberge

Auras-tu attaché ton cheval de bonheur

Pour quel Orient nouveau as-tu quitté la berge

Pour quel siècle doré laisses-tu passer l’heure


Je ne te cherche plus dans les ports et les bouges

Ni devant cette table où s’allumait ta main

Tu es loin dans la nuit et le ciel est tout rouge

Parce que ton beau corps saigne aux quatre chemins


Poète crucifié par ta volonté même

Pâle de ta pâleur amoureux de tes clous

C’est la croix que je porte en portant le poème

Et je n’avance pas si je marche à genoux

Prunelles endormies de la Place Bretagne

Où vacillait jadis le cœur de mon ami

L’ombre a tout effacé Lentement je m’éloigne

Celui que j’attendais ne viendra plus ici

Un hommage à deux grands de la chanson: «  De Brel à Georges »

Paroles: Arlette Chaumorcel, Musique: Roger Lahaye

Près de Gauguin

l’aube éparpille

des moulins fous

et des paillotes

c’est là qu’il dort

en Don Quichotte

dans un décor

d’algues et de proues

rouges regains

nés d’une image

parfois l’on voit sur le rivage

flotter des beffrois

et des filles

Près de Gauguin

l’aube scintille

Parfois encor

on aperçoit

l’ombre de Sète

agenouillée

c’est là qu’il dort

en auvergnat

sous les lilas

d’ancre mouillée

sang de poètes

juste à fleur d’eau

la mer écoute

en chaque goutte

vibrer des chevaux

et des chats

c’est là qu’il dort

en auvergnat


de Brel à Georges

dans le miroir

dîtes la neige

dîtes le noir

dîtes phalènes

aux fleurs du temps

les routes du sang

dans le soir

les soutes du vent

sans espoir

et puis ma peine

en au revoir

aux rouges-gorges

des solfèges

de Brel à Georges

dîtes la neige

Une chanson intitulée « Les baleineaux » qu’aimait le poète et éditeur Pierre Seghers (voir la rubrique « Ce qu’ils pensent »). Texte: Arlette Chaumorcel  ,  musique: Roger Lahaye

Baleineaux, mes baleineaux

où êtes-vous crie la baleine

baleineaux, mes baleineaux

crie la baleine au fond de l’eau


Le ventre bleu de la mer

secoue ses refrains d’oiseaux

ses épaves de vaisseaux

de lune et de matelots


Baleineaux, mes baleineaux

où êtes-vous crie la baleine

baleineaux, mes baleineaux

crie la baleine au fond de l’eau


Tu peux crier vieille mère

Dieu n’entend ni ne répond

tandis que tangue le pont

sous la hargne des harpons


Baleineaux, mes baleineaux

où êtes-vous crie la baleine

baleineaux, mes baleineaux

crie la baleine au fond de l’eau

Il pleut des herbes amères

des étoiles et des ruisseaux

une rose et des pavots

sur la coque du bateau

Dessus la vague dessus la mer

les baleines au vent s’en vont

laissant mourir à l’horizon

de longs frissons de goémons

Dessous la vague dessus le flot

silencieuse le cœur gros

dans le sillage du bateau

va la baleine au fil de l’eau

Un autre texte d ‘ Arlette Chaumorcel mis en musique par Roger Lahaye: «L’Arbre d’ octobre »

L’arbre ne m’a pas prévenu

quand il a jeté bas ses feuilles

voilà qu’il tremble au vent venu

s’étonnant que je lui en veuille.


C’est une chance que je sois

physionomiste de nature

et que j’aie pour l’arbre et son bois

une bonne amitié qui dure.


J’aurais bien pu passer par là

sans reconnaître dans le gris

le vieux chêne de grand papa

si vert encor avant midi


J’aurais bien pu me demander

ce que faisait devant ma porte

ce squelette dégingandé

balafré de trois saisons mortes.




J’aurai bien pu le jeter hors

le remiser au fond du temps

le traiter comme un astre mort

sans aucun recours de printemps



J’ajoute qu’il est bien certain

que si moi dedans le jardin

j’étais allé me mettre nu

lui ne m’aurait pas reconnu.



L’arbre ne m’a pas prévenu

quand il a jeté bas ses feuilles

voilà qu’il tremble au vent venu

s’étonnant que je lui en veuille

Ruelle amie des matins blancs,

Je viens chercher  mes souvenirs

Où est l’échoppe du marchand

qui proposait des repentirs ?

Vendeurs de rires, marchands d’amis,

la terre me donne le tournis.

Comment aimer sans se mentir

quand la nuit ronge jusqu’au sang

tout ce qui vit, rêve, ou respire

sous le ressac ténu du temps?


Ruelle amie de mes faubourgs

je viens chercher quelques regards

Où est passé ce fier amour

qui s’est éteint près d’une gare ?

Serments d’un soir, destin promis,

la terre me donne le tournis

Qui peut se croire toujours heureux

quand la vie cogne comme une bête ?

Mon cœur trop lourd et silencieux

Coupe ses ailes et me rejette


Ruelle amie des matins blancs

j’aurai vécu de souvenirs

Pas un ami, aucun parent,

même l’amour cherche à trahir.

Mains qui s’efleurent, mots qui sourient,

la terre me donne le tournis

Comment survivre à ces aveux

quand disparaît l’enchantement

d’une tendresse à petit feu

sous le ressac ténu du temps

«Y a un oiseau »  -  musique et chant :  Roger Lahaye  sur les paroles d’ Arlette Chaumorcel

Y a un oiseau

sur le toit

qui raconte

qui raconte

y a un oiseau

sur le toit

qui conte

l’ombre à mi-voix.

Il commente

en dilettante

le divorce des pavés

la mort d’un souffleur

de givre

et la trouée

d’un printemps

qui délivre

sous l’écorse

l’aube de la fleur

du vent.

Y a un oiseau

sur le toit

qui raconte

qui raconte

y a un oiseau

sur le toit

qui conte

la lune au bois.

Il explique

la lumière

le long rire des rivières

la gorge étale

du chant

et les dieux aux dents de pierre

qui déchirent

dans un râle

l’eau de la crique

du temps.

Y a un oiseau

sur le toit

qui raconte

qui raconte

y a un oiseau

sur le toit

et dans la tête

j’ai toi.

toi qui uses

qui abuses

toi qui vires

à travers moi

toi qui traites

qui t’arrêtes

sur ma peau

de pauvre bête

pour me traduire en girouette

au plus haut

ciel de l’émoi.

Y a un oiseau

sous mes doigts

qui raconte

qui raconte

y a un oiseau

sous mes doigts

et sur le toit

il y a

Il y a la lune

en pluie

qui rit

de mon infortune

et puis encor

et j’y voit

sur l’arbre en feu

il y a

tranquille alors

que tu dors

l’oiseau des nuits

amoureux.

Y a la lune sous mes doigts

y a un arbre sur le toit

y a un oiseau dans le bois

et à mi-voix

                      Toi et Moi.

la chanson intitulée « Si vous voulez » est en diaporama ( pour l’écouter, cliquer sur le titre)

paroles: Alain Lemoigne, musique: Roger Lahaye, extraite du CD Le temps des oubliés

Si vous voulez que je dépose

Douze baisers sur votre front

Laissez-moi faire, il faut que j’ose

Glisser mes lèvres dans vos frissons.


Si vous voulez que je propose

Mille baisers sur vos tétons,

Pour cette exquise apothéose

Dévêtez-vous aidez-moi donc !


Si vous vous voulez que je dispose

Bien tendrement de votre don,

Souffrez qu’advienne la belle osmose

De nos deux bouches à l’abandon.

Si vous voulez qu’à vous j’expose

Mille manières d’être un démon,

Soyez vaillante bien que virtuose

Mon appétit sera glouton.


Si vous vous voulez qu’enfin j’appose

Dans votre cou ma déraison,

Ouvrez vos bras car je suppose

Que l’amour est une ascension.


Si vous voulez qu’enfin j’appose

Dans votre cou ma déraison,

Laissez-moi faire, il faut que j’ose

Glisser mes lèvres dans vos frissons.

« Que ferai-je seul, farouche » est un poème  de Victor Hugo ( extrait du recueil  Les Contemplations,

livre II, «l’âme en fleur»), mis en musique par Roger Lahaye, CD collectif  EPM  «Victor Hugo»

De quoi puis-je avoir envie,

De quoi puis-je avoir effroi,

Que ferai-je de la vie

Si tu n'es plus près de moi ?


Tu portes dans la lumière,

Tu portes dans les buissons,

Sur une aile ma prière,

Et sur l'autre mes chansons.


Que dirai-je aux champs que voile

L'inconsolable douleur ?

Que ferai-je de l'étoile ?

Que ferai-je de la fleur ?


Que dirai-je au bois morose

Qu'illuminait ta douceur ?

Que répondrai-je à la rose

Disant : " Où donc est ma soeur ?"


J'en mourrai ; fuis, si tu l'oses.

A quoi bon, jours révolus !

Regarder toutes ces choses

Qu'elle ne regarde plus ?


Que ferai-je de la lyre,

De la vertu, du destin ?

Hélas ! et, sans ton sourire,

Que ferai-je du matin ?


Que ferai-je, seul, farouche,

Sans toi, du jour et des cieux,

De mes baisers sans ta bouche,

Et de mes pleurs sans tes yeux !

« Petite fille en mal de rêve » est une chanson extraite du CD « Jardins »  

  paroles : Arlette Chaumorcel, musique: Roger Lahaye ( pour voir le diaporama: cliquez ici )

Dans le ciel au piqué d’étoiles

Un bateau bateau perd ses voiles

Petite fille en mal de rêve

Ne t’en va pas dessus la grève

Crever la toile

C’est la tzigane

la pauvre gitane

Qui souffre souffre

Son enfance

Et ouvre

Du cœur de Jane

Les vieilles vannes.

Dans la nuit des cent soleils

Le serein serein s’ensommeille

Petite fille en mal de rêve

Ne laisse plus dessus la grève

Trainer le ciel

C’est la banquise

Par neige en la bise

Qui blesse blesse

Une enfance

Et laisse au cœur de Louise

Une cerise.

Dans l’étang des cent sommeils

Un chardon chardon s’ensoleille

Petite fille en mal de rêve

Repasse par l’aube et la grève

Avant l’éveil

C’est la carline

La sage sabline

Qui berce berce

Une enfance

Et laisse au cœur d’Adeline (de Justine)

Une comptine.

Si j’écrivais tous les salauds

Tous les minus, tous les minables

sûr que je pourrais à vau l’eau

puiser à l’inépuisable

sûr que j’aurais de l’or en table

sûr que j’aurais toujours de l’eau

sous la roue de ma mise à mots.

Mais je n’ai pas de temps à perdre

avec les fossoyeurs de ciel

et je dois tendre à l’essentiel

sous le juste bleu de mon cèdre

« 2, rue des orphelines» est une chanson extraite de l’album « Chant de la terre rouge »

paroles: Arlette Chaumorcel, musique: Roger Lahaye

J’ai en mémoire une maison

aux confins de l’adolescence

à l’heure noire des frissons

dans le chaos des dissonances.

Une maison chaude et tranquille

qui s’ouvrit seule devant moi

et m’offrit sa flamme fragile

dans les sursauts d’un feu de bois.

C’était bien après les glycines

dans les corridors de l’hiver

entre des herbes orphelines

et les premiers froids sur la mer.

dans un décor de flaques mortes

au plein cœur de mes discordances

quand l’ une après l’autre les portes

s’étaient échappées en silence.

Une maison jour après jour

qui me rappelle et me retient

et qui m’est douce de retour

dans la liberté de ses liens.

Quand je n’avais pour horizon

que les revers de l’existence

et que j’étais en garnison

au pays de l’indifférence.

« Deux d’Angleterre » est un titre extrait du CD «Écoute, le temps passe...», avec des paroles d’Arlette Chaumorcel et une musique de Roger Lahaye. Retrouvez le  diaporama sur la page «Vidéos et diaporama»

L’arbre évaporait l’écume, Marie

Des derniers silos de brume

Le hérisson s’éveillait, Marie

Loin du bois des fusillés


L’heure avait dans la prairie, Marie

Tracé le jour à demi

Tout était en place ici, Marie

Lorsque la porte s’ouvrit


Ils étaient deux d’Angleterre, Marie

Deux rejetés à la terre, Marie

Deux hommes des transhumances

jetés chez toi pour la France


Deux traqués deux étrangers, Marie

Deux pour boire et pour manger

Deux soldats cachés vingt mois, Marie

Sous le tremble de  chez toi


La mémoire rapatrie, Marie

Ses armées de F.F.I , Marie

Le passé laisse des noms

De la Corrèze au Verdon


Toi qui risquais tes vingt ans, Marie

Dans le Vercors de ton sang

Tu vieillis hors du fichier, Marie

Héroïne oubliée


De l’allée des crucifiés, Marie

Au jardin des oliviers

Ton vieux prénom de prière, Marie

Traîne ses plaies de lumière


Marie des chambres plombées, Marie

Du gaz et des retombées, Marie

Marie livrée aux grimoires

Des charlatans de l’histoire


L’arbre du champ éparpille, Marie

Des souvenirs d’escadrille

Tandis que les mots confondent, Marie

Femmes brunes, filles blondes


Tandis que les mots confondent, Marie

Toutes les Maries du monde (bis)

J’ écris   ( paroles : Alain Lemoigne, musique : Roger Lahaye) est une chanson extraite du CD   Le temps des oubliés

J’écris

pour m’extasier du ciel

deviner les lisières

présager l’infini,

pour vivre en chaque mot

ses chemins de halage

quand la ferveur s’éprend

après avoir appris.


J’écris

pour répondre au silence,

m’appuyer aux parois

et de l’air et du feu,

pour dire toute la terre

lorsque les arbres pensent

qu’il suffit d’un regard

pour se sentir heureux.

J‘ écris                                                            

pour braver mon absence                            

ma dépouille demain                                    

dispersée dans la nuit,                                 

pour retrouver le temps                                

éthéré de l’enfance                                       

quand le vent des collines                            

s’offrait à mes folies.                                      


J’écris

pour crier la misère                                       

les hommes délaissés

la blessure de leur faim,

pour traduire de l’ombre

les plaintes et les pleurs

lorsque l’oubli ravage

ces hommes qui n’ont rien.


J’ écris

pour oser mes soleils

ma langueur animale

l’étincelle de mon nom,

pour quitter les tourments

les sursis et les vagues

quand le cœur  s’assombrit

sans aucune raison.

«Plus personne devant» (paroles : Alain Lemoigne, musique: Roger Lahaye) est un titre extrait du CD «L’ Horizon» que vous pouvez écouter à la page «Vidéos et diaporama»

Plus personne devant

les aînés sont partis.

Ils nous laissent à présent

perdus et démunis.

Plus personne devant,

les aînés sont partis.

Ils nous laissent à présent

conscient de notre nuit.


Vous étiez le rempart,

le regard qui guidait,

vous étiez le musoir

l’appui qui rassurait,

vous étiez le recours,

les mots doux au chevet

et vous étiez l’amour,

l’étoile et le sommet.


Plus personne devant

les aînés sont partis.

Ils nous laissent à présent

sur la rive endormie.

Plus  personne devant ,

les aînés sont partis.

Ils nous laissent à présent

conscients de notre nuit.


Il nous faudra du temps

pour un seuil apaisé,

pour connaître pourtant

le nuage d’aimer.

Il nous faudra des jours

pour vaincre les glacis.

Que d’ombres et de détours

pour le ciel d’un sursis !


Plus personne devant

les aînés sont partis.

Notre première ligne,

c’est la prochaine vague.

Plus personne devant,

nous n’avons plus d’abris.

Le seuil qui nous attend

c’est un pas de l’ esprit.



«De misère et de grains»  Paroles: Arlette Chaumorcel, musique: Roger Lahaye.

Sur  la page «Vidéos et diaporama» vous pouvez regarder un extrait de l’émission télévisée intitulée «En traversant notre terre» réalisée par Bernard.Claeys. Roger Lahaye interpréte  «de misère et de grains».

Je t’habite mon frère, mon vieux frère paysan

dans la tièdeur des granges, dans le foin des remises

dans l’aube qui reprise un accroc de mésange

dans le ventre de l’outre, au battant de la porte

dans le grenier  qui porte le ciel à bout de poutre


Je t’habite mon frère, mon vieux frère paysan

dans le cri de l’aigrette, dans le gris du labour

dans le bruit qu’on affrète aux traversées du jour

dans le bleu d’un moment , dans le blé d’un soleil

dans le pain qui sommeille sous la neige du chant


Je t’habite mon frère, mon vieux frère paysan

nous  sommes même terre, même prix, même temps

nous avons même écho au rejet des regains

nous payons même écho de misère et de grains

Je t’habite mon frère, mon vieux frère paysan

dans la peine et la peur, dans le mal de saisons

dans la ferme qui meurt étranglée de sillons

dans la révolte mûre dans la levée des haches

dans l’homme qui se cache au fond d’une blessure


Je t’habite mon frère, mon vieux frère paysan

dans le couteau ouvert dans le poing refermé

dans le rouge germé des rancœurs d’un hiver

dans la sève d’un rire dans l’éclat d’autres mains

dans les mots en délire qui refont les chemins


Je t’habite mon frère, mon vieux frère paysan

nous sommes même terre, même prix, même temps

nous avons même écho au rejet des regains

nous payons même écho de misère et de grains


Je t’habite mon frère, mon vieux frère, paysan !


L’œil éteint, s’ vieill’ piau tout’ jonne,

I n’est point gai, l’ vieux mineur !

Eun’ fichelle artient s’ marronne,

Et cha n’annonc’ point l’ bonheur.


I démeure avec és fille ;

Ch’est li qui soign’ les infants,

Il touille el’ soupe éd’sus l’ grille,

In bertonnant d’ timps en temps.


I s’imbête, et cha l’ tracasse,

Il n’ peut pus sarcler s’ gardin.

Quand el’ pauv’ vieux i s’abasse,

S’ tiête all’ tourn’ comme un moulin.


Etr’ toudis dins s’ bac à chintes…

Incor s’il sarot marcher,

Il irot boir’ des bonn’s pintes !

Mais i pourrot s’écrouler…


I n’oubli’ foque és’ misère

Qu’ quand ses infants sont tertous,

L’ soir, à l’intour dé s’ kaïère,

Et qui lieu parl’ des grisous.



Il a tout vu dins les fosses :

Ses sauv’tag’s i sont curieux.

Leus cœurs palpit’nt, les tiots gosses,

In acoutant l’ pauver’ vieux.


In v’not l’ quère à chaqu’ minute

Quand arrivot d’ z’accidints.

Combin d’ cops i-a fait la lutte

Avec l’ grisou grign’-dints ?


Il a tell’mint des blessures,

Qu’in n’ sarot pus les compter.

Il est couvert ed’ coutures,

Pir’ qu’un ancien guernadier.


Si cha s’rot parmi l’ mitralle

Qui s’arot si bien conduit,

Il arot d’ pus d’eun’ médalle ;

Mais il s’est battu dins l’ nuit.


Va ! consol-té, brav’ Batisse :

Les rubans, t’ les a d’sus t’ piau.

In vot bien qu’ t’as du service :

T’ carcass’, ch’est un vieux drapeau !

 

«L’vieux Mineur» est un texte du mineur et poète Jules Mousseron. Musique :Roger Lahaye

Vous pouvez écouter ce titre à la page «Vidéos et diaporama». Il est extrait du CD  Rien que cela